Ce Poids qui Vient, qui Part, qui Reste un Peu...
- piednoir
- 4 mars 2025
- 2 min de lecture
Il y a des phases où j'angoisse pour rien.
Du moins, c’est l’impression que ça donne. Rien de visible n’a changé autour de moi, personne ne m’a agressé, aucune nouvelle dramatique ne m’est tombée dessus. Pourtant, il y a cette tension sourde qui s’infiltre sous la peau, qui grignote les pensées une à une et qui installe ce poids dans la poitrine. Ce poids qui ne dit pas son nom, qui ne se justifie pas mais qui est là, bien là.
Je me dis parfois que ce n’est rien, que c’est passager, que ça va repartir comme c’est venu. D’ailleurs bien souvent, c’est ce qui se passe. Une vague monte, menace d’engloutir puis elle se retire me laissant épuisé mais debout. Mais entre le début et la fin, il y a cet espace suspendu, ce moment où l’on oscille entre lutte et abandon et où l’on ne sait plus si on doit résister ou se laisser porter.

Les émotions humaines sont parfois absurdes, imprévisibles, incontrôlables. On voudrait comprendre, mettre des mots, poser un cadre rassurant mais certaines sensations échappent à toute logique. On peut passer une journée entière à chercher une raison, à creuser, à essayer de raccrocher ce que l’on ressent à quelque chose de tangible. Parfois, on trouve une explication. Souvent, non.
Il y a des moments où l’on doute de tout. Où l’on ne sait plus très bien pourquoi on fait ce qu’on fait. Où les choix passés se teintent d’incertitude, où l’avenir semble flou, où le présent se dissout dans une sorte d’indifférence étrange. On avance parce qu’il faut avancer, parce que la vie continue, parce que les minutes s’enchaînent sans nous demander notre avis.
Et puis il y a ces jours où tout va bien sans raison. Où l’air semble plus léger, où un rayon de soleil qui traverse la fenêtre suffit à faire sourire, où un mot, un regard, un détail quelconque réchauffe quelque chose à l’intérieur. Ces moments qui arrivent sans prévenir et qui font du bien sans qu’on sache pourquoi. Comme si la mécanique interne, aussi complexe soit-elle décidait soudain de tourner dans le bon sens.
On traverse tous ces oscillations, différemment, avec plus ou moins d’intensité, avec des chemins propres à chacun. Il n’y a pas de méthode miracle, pas de solution universelle, pas de mode d’emploi à suivre. Il y a juste la vie, ses creux, ses élans, ses errances, ses éclats.
Parfois, on voudrait pouvoir tout figer. Garder ce qui est beau, empêcher ce qui fait mal. On aimerait capturer ces instants de paix et les enfermer dans une bouteille, pour les ressortir les jours de tempête. Mais ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. Rien ne dure, ni le trouble, ni la clarté. Et peut-être que c’est bien ainsi.
Alors on continue. On traverse. On vit. Avec ces phases où l’on angoisse pour rien, avec ces moments où tout semble perdu, avec ces jours où tout reprend sens. Et quelque part dans ce désordre, il y a une forme d’équilibre. Une forme d’humanité.
Christophe PIEDNOIR
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