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Contre les Chemins Tout Tracés...

Dernière mise à jour : 18 févr. 2025

On m'a souvent dit que la vie était un tracé bien défini, une autoroute qu'il suffisait de suivre sans trop poser de questions. Pourtant, je n'ai jamais eu le permis de ce conformisme. J'ai préféré les sentiers, ceux qui bifurquent, qui s'effacent parfois sous l'herbe haute. Et puis un jour, j'ai décidé de marcher. Littéralement.


En octobre 2014, j'ai parcouru 1700 kilomètres, seul, sur le chemin de Compostelle. À l'époque, je ne cherchais ni l'illumination ni la rédemption. Juste un espace pour respirer loin du bruit du monde et de mes propres tempêtes. Marcher, c'est mettre un pied devant l'autre, rien de plus simple en apparence. Pourtant, chaque pas ébranlait un peu plus ce que je croyais figé.

"Quand l'ombre s'étire, que reste-t-il du jour ? Un souffle tenace, un rire qui s'attarde."

L'empreinte des origines


Je viens d'une famille où l'on ne rêve pas trop grand. On m'a appris très tôt à ne pas dépasser, à ne pas déranger. Mais un enfant qui se tait est un enfant qui bouillonne en dedans. À dix ans, j'ai perdu mon père. Ce n'était pas qu'une absence, c'était un effondrement silencieux. On ne m'a pas vraiment expliqué alors j'ai grandi en bricolant mes propres réponses.


La pauvreté n'est pas seulement matérielle ; elle devient une langue, un cadre invisible qui murmure : "Reste à ta place." Pourtant, même au creux du manque, il y avait des braises. J'ai appris à lire entre les lignes, à déceler les failles par où passe la lumière. J'ai appris que la première rébellion, c'est d'exister autrement.


Un pas, puis l'autre


Sur le chemin de Compostelle, chaque matin commence pareil : lacer ses chaussures, charger son sac, partir. Un pèlerin ne triche pas avec la distance. Ce n'est pas la performance qui compte mais ce qui s'effrite et ce qui demeure.


J'ai croisé des visages marqués d'histoires que je n'avais pas osé imaginer. Il y avait ce type, ancien cadre supérieur qui avait tout plaqué après un burn-out. Ou cette vieille dame de 76 ans, deux genoux en titane qui marchait "pour prouver qu'elle n'était pas finie". Chaque rencontre m'apprenait un peu plus que la vie, même cabossée peut s'inventer à chaque étape.

"Il faut parfois se perdre longtemps Pour sentir la douceur d'un détour."

L'humour comme boussole


Soyons honnêtes : le développement personnel a parfois des airs de recette magique. Mais la vraie transformation, c'est surtout une série de malentendus bien gérés. Sur la route, j'ai découvert qu'on pouvait pleurer sur un caillou dans la chaussure... ou en rire. Il y avait ce soir-là, après 35 km sous la pluie où j'ai failli me battre avec une boîte de sardines. Dépression ou combat contre l'ouvre-boîte ? Le doute était permis.


L'humour est devenu une bouée. Parce que si je prends tout trop au sérieux, je me fige. Et le déterminisme adore les statues.


Refuser les cases


On veut souvent nous assigner un rôle : infirmier, fils de, bipolaire, trop sensible. Mais aucun de ces mots ne suffit à me contenir. Je suis tout cela, et bien plus encore. L'identité est une matière vivante, et je revendique le droit d'être en chantier permanent.


En devenant Conseiller en Insertion Professionnelle, je ne veux pas seulement accompagner des parcours ; je veux rappeler qu'il est possible de déjouer les prédictions. Chaque personne est un territoire inexploré et nul n'est voué à rester prisonnier de ses premières blessures.

"D'où que tu partes, Il y a toujours un ailleurs à inventer."

Vers un ailleurs possible


Marcher m'a appris cela : il n'y a pas de fatalité, seulement des choix – parfois infimes – qui redessinent l'horizon. Oui, j'ai trébuché. Oui, j'ai douté. Mais chaque pas hors du cadre m'a rapproché d'une vérité simple : personne n'est condamné à l'immobilité.


Alors, si ce texte te parvient, à toi qui doutes, qui te sens enfermé dans une histoire écrite d'avance, sache le : il est encore temps. Temps de délacer tes vieilles certitudes. Temps d'esquisser un pas de côté. Temps de marcher vers toi-même, là où l'herbe est encore vierge et où tout reste possible.


Parce qu'au fond, la plus belle manière de lutter contre le déterminisme, c'est de prouver, un pas après l'autre qu'aucun chemin n'est jamais tout tracé.



🔆 Christophe PIEDNOIR

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Christophe PIEDNOIR

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