La Métaphore des Deux Loups : Un Voyage Intérieur
- piednoir
- 8 févr. 2025
- 3 min de lecture
Un vieux Cherokee raconte à son petit-fils :
« Il y a un combat en moi. C’est un combat terrible entre deux loups. L’un est le mal, il est la colère, l’envie, le chagrin, le regret, la cupidité, l’arrogance, l’apitoiement, la culpabilité, le ressentiment, l’infériorité, le mensonge, la fausse fierté, la supériorité et l’ego. L’autre est le bien – il est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la sérénité, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. Le même combat se déroule à l’intérieur de toi et à l’intérieur de tout le monde. »

Le petit-fils réfléchit un instant puis demande à son grand-père : « Lequel des deux loups gagne ? »
On raconte souvent que la réponse donnée est : « Celui que tu nourris. » Pourtant, dans la sagesse Cherokee, l’histoire se termine différemment. Le vieux sage répond avec sérénité : « Si tu les nourris correctement, ils gagnent tous les deux. »
Cette nuance bouleverse la conception simpliste d’un duel manichéen et nous invite à une réflexion plus profonde sur la nature humaine. Nous sommes tous traversés par des forces contraires, des désirs antagonistes, des pulsions contradictoires. Tenter d’anéantir l’un des loups, c’est risquer un déséquilibre fatal.
L’ombre et la lumière coexistent en nous et notre véritable quête consiste à apprendre à les harmoniser.
Notre époque tend à valoriser l’idée d’un bien absolu contre un mal qu’il faudrait éradiquer, comme si l’homme pouvait se purifier de toute négativité. Pourtant, refouler ses émotions les plus sombres ne les fait pas disparaître ; elles se tapissent dans l’ombre, prêtes à resurgir plus violemment encore. Il ne s’agit pas de nier la colère, la peur ou la tristesse mais de leur donner une place juste, de les comprendre plutôt que de les combattre aveuglément.
L’histoire des deux loups nous enseigne que nos parts d’ombre ne sont pas nos ennemies. Elles sont des messagères, des indicateurs précieux de nos blessures et de nos besoins. La colère, lorsqu’elle est écoutée et apprivoisée devient une force motrice. La peur bien orientée devient prudence et sagesse. La tristesse accueillie avec bienveillance devient profondeur et humanité.
Le véritable enjeu n’est pas d’opposer ces forces mais de leur permettre de coexister en équilibre. L’idée de nourrir les deux loups ne signifie pas accorder libre cours aux émotions négatives mais leur donner la juste place, leur offrir un cadre où elles peuvent s’exprimer sans nous submerger.
Il ne s’agit pas de laisser la colère nous consumer mais de l’écouter et de la canaliser. Il ne s’agit pas de sombrer dans l’orgueil mais de reconnaître ses qualités sans mépriser les autres. En apprenant à dialoguer avec ces différentes facettes de nous-mêmes, nous nous donnons la possibilité de mieux nous comprendre et d’accéder à une forme de sérénité intérieure.

La complexité humaine ne se réduit pas à un choix entre le bien et le mal. Chaque jour, nous faisons face à des dilemmes, des tensions internes, des hésitations. Il serait confortable de penser qu’il suffit d’ignorer le loup noir pour que tout s’arrange mais la réalité est plus nuancée. Certains jours, il rugit plus fort que l’autre et c’est normal. Ce qui compte, c’est notre capacité à le reconnaître sans le laisser nous dominer. Ce que nous ressentons ne nous définit pas totalement ; ce sont nos choix, notre manière d’accueillir et de transformer ces émotions qui forgent notre identité.
Dans la quête de cet équilibre, plusieurs chemins peuvent être empruntés. La méditation et la pleine conscience nous apprennent à observer nos pensées sans nous y identifier. L’écriture introspective nous permet de mettre des mots sur nos conflits internes et d’en prendre du recul. La bienveillance envers soi-même nous aide à accepter nos imperfections sans sombrer dans l’auto-flagellation. Nourrir les deux loups, c’est aussi cultiver la curiosité de soi, explorer nos parts d’ombre avec la même attention que nous portons à nos lumières. C’est refuser la simplification binaire et embrasser la complexité de notre être.
En fin de compte, ce conte Cherokee ne nous donne pas une réponse unique mais nous offre une direction. Il ne nous dit pas de choisir un loup plutôt qu’un autre mais de leur offrir à chacun une place équilibrée. Il nous invite à écouter, à comprendre et à apprivoiser. Ainsi, le combat intérieur ne devient plus une lutte destructrice mais une danse subtile entre forces opposées, où chaque loup trouve sa juste place et contribue à l’harmonie de l’ensemble.
Peut-être que la véritable sagesse ne réside pas dans la victoire de l’un sur l’autre mais dans leur réconciliation.

🔆 Christophe PIEDNOIR
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