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Le Vide, Ce Compagnon Invisible

Le Vide.


Il est là, tapi dans l’ombre, insidieux. Il ne prévient pas toujours. Parfois, il se faufile doucement, comme une brume qui s’immisce dans les interstices du quotidien. D’autres fois, il surgit brutalement, nous foudroyant sans crier gare.


Le vide.


Cette sensation vertigineuse d’absence, d’écho creux dans l’âme et d’un manque que l’on ne sait pas toujours nommer.


Je cherche depuis longtemps à comprendre ce vide qui m’accompagne. Est-il un héritage de l’enfance, une empreinte laissée par des blessures profondes ? Est-il une conséquence de ce que la vie a fait de moi ou de ce que je n’ai pas su en faire ?


Parfois, il ressemble à une nostalgie d’un ailleurs que je n’ai jamais connu, une quête impossible d’un état d’être que je n’ai peut-être jamais atteint.




La solitude du Vide


Ce qui est troublant avec le vide, c’est qu’il ne se remplit pas aisément. On peut essayer de le noyer dans l’agitation, dans le travail ou dans la quête effrénée de reconnaissance ou de relations. On peut tenter de le masquer derrière des sourires de façade, des conversations superficielles ou encore des projets qui sonnent creux. Mais il revient toujours, fidèle et insatiable.


J’ai connu ce vide et je le connais encore par périodes. Il me surprend quand je le crois éloigné, s’immisce dans mes jours sans crier gare. Il s’étire dans les silences, se loge dans mes doutes, colore certaines heures d’un gris indéfinissable. Même lorsque je pense avoir trouvé un équilibre, il suffit d’un instant, d’un souvenir ou d’une fatigue soudaine pour qu’il réapparaisse, insistant.


J’ai connu ce vide dans les moments de doute, dans ces périodes où mes choix semblaient s’effriter sous mes propres yeux. Lors de ma reconversion professionnelle par exemple où je me retrouv face à moi-même avec la sensation d’avoir perdu mes repères, d’avoir quitté une rive sans être certain de l’autre rive. Je connais ce vide dans les moments d’épuisement quand l’effort ne suffit plus, que l’envie disparait et que je me demande à quoi bon.


Il y a eu aussi ces jours où je ne ressentais plus rien. Où tout semblait dénué de saveur et où l’existence se résumait à une suite de gestes mécaniques. Comme si j’étais spectateur de ma propre vie, détaché de ce qui m’entourait. Une dissociation ? Peut-être. Une manière de me protéger ? Sûrement.


Apprivoiser l’absence


Il est temps où je luttais contre ce vide. Je le fuyais, je le comblais de force, je le refusais. Mais plus je résistais, plus il s’étendait. Comme un gouffre qui se nourrit de nos tentatives de l’éviter. A vrai dire, je remplis encore.


Maintenant, je commence à l’écouter. À lui parler presque. À le reconnaître pour ce qu’il est : un espace, une respiration, un silence nécessaire. J’ai compris qu’il n’était pas un ennemi mais un messager. Un indicateur que quelque chose en moi demande à être entendu.


Ce vide, il me permet de comprendre que je cherche souvent ailleurs et ce que je dois d’abord trouver en moi. Que la reconnaissance extérieure ne comblera jamais un manque intérieur. Que courir après un but ne vaut rien si je ne sais pas pourquoi je cours.


Alors, j’essaie d'apprendre à m’arrêter. À l’accueillir, ce vide. À lui offrir un siège plutôt qu’une porte close. J’ai appris ou plutôt j'apprends à le remplir autrement : avec de la douceur, de l’écriture, des instants vrais. Avec l’acceptation que l’on ne peut pas toujours être plein, complet, accompli.


Le Vide et les autres


Le vide peut nous isoler et nous faire croire que nous sommes seuls à le ressentir. Pourtant, il est universel. Il est ce qui relie les êtres humains dans leur vulnérabilité. On le tait souvent, on le cache sous des apparences maîtrisées mais il est là, en filigrane de bien des vies.


J’ai découvert que le vide devient plus léger lorsqu’on ose en parler. Lorsque l’on cesse de vouloir le dissimuler et que l’on partage cette réalité avec d’autres. Il y a une force immense dans la fragilité avouée. Une humanité profonde dans l’acceptation de nos creux et de nos absences.


Faire la paix avec le Vide


Aujourd’hui, je ne prétends pas avoir trouvé toutes les réponses. Le vide revient parfois, même souvent mais j’accepte qu’il fasse partie de moi. Mais je ne le crains plus comme avant. Je le regarde avec moins d’effroi, plus de tendresse. Il est là pour me rappeler que je suis en chemin, que je ne suis pas figé et que j’ai encore à découvrir.


Et peut-être, dans ce vide, réside t-il aussi une promesse : celle d’un espace à remplir, non pas de bruit ou d’agitation mais de sens. Une invitation à ralentir, à ressentir et à exister pleinement.


Et vous ? Qu’en faites vous, de votre vide ?


🔆 Christophe PIEDNOIR


 
 
 

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Christophe PIEDNOIR

311 avenue du 8 mai 1945

83470 Saint Maximin la Sainte baume

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