Ma part d’ombre : ce que je Cache, ce que J’assume, ce que je Transforme
- piednoir
- 5 avr. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 avr. 2025
Je marche souvent dans la lumière ou du moins j’essaie. Mais la vérité, c’est que je suis aussi fait d’ombre. Et aujourd’hui, je choisis de vous parler de cette part-là. Celle qu’on cache par peur de gêner. Celle qu’on tait pour rester dans la course. Celle qu’on enrobe de jolis mots pour ne pas trop trembler.
Je suis Christophe. J’ai 51 ans passés et je pourrais me définir par mes métiers, mes diplômes, mes accomplissements. Mais ce serait incomplet. Je suis aussi un homme en reconstruction. Un homme qui vit avec l’anxiété au creux du ventre presque chaque matin. Un homme qui sait ce que c’est qu’une décompensation, une bouffée délirante, un effondrement intérieur. Et surtout, je suis quelqu’un qui a appris – non pas à guérir – mais à vivre avec. À transformer. À créer du sens avec ce qui me pesait.
Je ne suis pas un héros. Juste un être humain.

Mon anxiété, je ne la montre pas toujours. Mais elle est là. Elle ne me paralyse pas tous les jours mais elle m’accompagne. Comme une météo instable. Un jour, le ciel est clair. Le lendemain, les nuages s’accumulent. Et moi, j’apprends à regarder le ciel sans paniquer.
Quand j’étais infirmier, j’avais une blouse blanche comme armure. J’étais celui qui soigne. Celui qui rassure. Celui qui comprend. Et pourtant, il m’arrivait de sortir de garde vidé, tremblant, dissocié. Je donnais tout aux autres et je n’avais plus rien pour moi. Je n’ai pas su demander de l’aide tout de suite. J’ai appris à porter mes blessures en souriant. À performer malgré l’épuisement. À encaisser, pour ne pas décevoir. C’est un drôle de conditionnement, celui qu’on apprend quand on grandit dans une famille où l’on n’a pas le droit d’exister autrement qu’en étant utile.
Puis un jour, ça lâche. Le corps, le mental, le cœur. Tout dit stop.
Je me suis retrouvé hospitalisé, il y a 17 ans, un jour de trop. Je n’en dirai pas trop ici, par pudeur. Mais ce que je peux dire, c’est que cette chute m’a fait comprendre que je n’étais pas invincible. Et qu’on ne s’en sort pas seul. Jamais.
Ce que je cache ? Je cache encore mes troubles de l’humeur. Mes phases d’hypersensibilité extrême. Mes moments de vide. Je cache ma vulnérabilité face à la pression sociale.
Mais ce que j’assume aujourd’hui, c’est que tout cela fait partie de moi. Je ne suis pas ma pathologie. Je suis une somme d’expériences, de douleurs, de résiliences, de relations.
Et ce que je transforme, c’est cette honte en parole. Ce silence en texte. Ce mal-être en mouvement.
Aujourd’hui, je me forme au métier de conseiller en insertion professionnelle. J’accompagne d’autres personnes sur le chemin du rebond. Et ce que je leur transmets, ce n’est pas une leçon. C’est une présence. Une écoute vraie. Une main tendue.
Je leur dis qu’on peut avancer, même cabossé. Qu’on peut trouver sa place, même après plusieurs essais. Qu’on peut se réinventer, même après s’être perdu. Je ne cherche pas à donner de leçons de vie. J’essaie juste de faire de mon histoire une boussole pour d’autres. Pas un modèle. Une balise.
Je crois que la plus belle chose qu’on puisse offrir, ce n’est pas notre perfection. C’est notre sincérité. Et je vous la dépose ici avec humilité.
À ceux qui vivent avec l’ombre, je veux dire ceci : vous n’êtes pas seuls. Vous n’êtes pas faibles. Vous êtes en train de devenir.
Et parfois, dans l’ombre, naissent les plus belles lumières.
Christophe PIEDNOIR
Accompagner les Personnes dans leur Insertion Sociale et Professionnelle ▶️ Conseiller en Insertion Professionnelle en Devenir ▶️ Expertise en santé ▶️ Bienveillance, Proactivité et Impact



Commentaires